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UNE JEUNE ENTREPRISE INNOVANTE rencontre le Ministre Renaud DUTREIL

Pascale BOUTELANT présente la création de son entreprise AGRAUXINE

Lors de la venue à Quimper du Ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et des Professions Libérales, trois jeunes entreprises innovantes ont exposé leur savoir faire et l’importance de la recherche dans leurs développements. Pascale BOUTELANT, Présidente d’AGRAUXINE, société de 9 salariés créée à Quimper en avril 2002 et lauréate du Concours Européen de l’Entreprise Innovante, a présenté ses activités constituant un tout nouveau métier, la fabrication de produits phytosanitaires naturels homologués. Le Ministre et les élus locaux ont échangé sur les étapes de développement de l’entreprise et les difficultés rencontrées, législation, financement et propriété intellectuelle. Trois domaines ont été abordés : la recherche en collaboration avec les centres de recherche français, le développement par l’innovation scientifique et technologique et la production qui débute en cette fin d’année avec les premières ventes à des fabricants d’engrais naturels.

« l’IMPORTANCE DES RESEAUX DANS LE DEVELOPPEMENT DE MON ENTREPRISE »

Pascale BOUTELANT répond aux questions de la Technopole Quimper-Cornouaille.

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Pascale Boutelant, Monsieur Le Préfet, Marcelle Ramonnet, Renaud Dutreil

« Votre » Technopole  : En 3 ans, votre entreprise est passée du statut de SARL à 30000 euros de capital à une SAS au capital de 597000 euros. Il s’agit d’une montée en puissance peu commune.

A-t-elle été favorisée par des appuis ? Quels ont été vos leviers pour faire décoller cette start-up du Bio Contrôle ?

Pascale BOUTELANT  : Nous travaillons dans un secteur de niche hyper spécialisé - la recherche sur des microorganismes protecteurs des végétaux et dotés d’actions antifongiques - aussi, nous devons nous entourer des meilleurs spécialistes dans ce domaine.
Une entreprise de notre taille n’a pas les moyens financiers de se doter de laboratoires, de chercheurs, ni d’équipements sophistiqués. Nous avons donc eu recours aux contrats de collaboration avec des Instituts de Recherche (INRA - CNRS - ADRIA - UBO).

c’est en faisant de la veille scientifique que nous avons identifié nos experts.

Le monde de la recherche est très confiné : une fois les premiers contacts noués et les sujets de recherche définis, nous identifions les limites du champ d’exploration de chaque équipe et nous déterminons, en parfaite concertation, les autres partenaires scientifiques potentiels capables de mener parallèlement un sujet de recherche complémentaire.

En procédant de cette manière, après seulement 3 années de recherche, nous pouvons revendiquer des résultats concrets nous plaçant aux portes de l’homologation avec 2 ans d’avance sur nos prévisions.

Revenons à l’origine de la création d’AGRAUXINE, nous avons eu la chance trouver une oreille attentive de la part des responsables locaux et des chargés de l’accompagnement à la création d’entreprise. Si notre projet s’est construit aussi vite, c’est grâce à tous les représentants du tissu économique local (Technopole, Pépinière, Elus) qui ont su déceler, au travers de la présentation de notre projet, un potentiel de création de richesses pour le bassin de Quimper. Le soutien de ces mêmes représentants a été tout aussi déterminant dans la présentation de nos dossiers de demande de financements auprès du Conseil Régional ou de l’ANVAR.

Aujourd’hui, nous sommes implantés à la Pépinière d’Entreprises de Quimper-Communauté et à l’ADRIA où nous avons un bureau, un laboratoire et un atelier. l’équipe de recherche, l’équipe de production-pilote et le service administratif comptabilisent 9 salariés.
Enfin, à titre personnel, J’ai été heureuse de participer à la mise en place du réseau ENTREPRENDRE AU FEMININ. Ce Réseau m’a permis de rencontrer d’autres femmes chefs d’entreprise et les liens professionnels qui se sont créés ont joué un rôle dans l’amélioration de la gestion de mon entreprise.
« Votre »Technopole  : Les difficultés de développement sont inhérentes à toute jeune entreprise. De quelles manières vos réseaux vous ont-ils aidée ?

Pascale BOUTELANT  : En 3 ans, nous avons engagé 1,7 M€ de dépenses de recherche.
Pour soutenir ces dépenses, outre des fonds propres, nous avons fait appel aux prêts bancaires, aux augmentations de capital, aux subventions ou avances remboursables et au Crédit Impôt Recherche.

Gérer une entreprise qui fait à 100% de la R&D relève parfois de l’épreuve de gymnastique....sur glace ! Les grands écarts sont fréquents ; en trésorerie il n’est pas rare d’attendre une subvention ou une aide pendant plusieurs mois. Avec les reports de décision, une année est facilement perdue !

Pour autant les travaux de recherche doivent continuer, car la concurrence n’a pas forcément les mêmes freins financiers que nous. Et dans ce domaine il faut arriver le premier. Notre chance est d’avoir un projet et une équipe dirigeante solides avec des résultats concrets et prometteurs.

Nous avons la confiance des banques qui ont su s’investir alors que le projet était seulement émergeant. Leur compréhension de notre trésorerie élastique est intelligente et rare, je crois.

Nous avons également le soutien de ces mêmes réseaux évoqués dans votre première question, les représentants locaux des pouvoirs publics, les chargés d’accompagnement à la création d’entreprise de la Technopole et les responsables de la Pépinière.

Pour vous donner un exemple récent, en Mars, J’ai fait la demande de remboursement de Crédit Impôt Recherche auprès de l’administration fiscale. En septembre, nous n’avons toujours rien reçu. Cette importante somme représente le financement de 6 mois de recherche et de fonctionnement pour notre entreprise.
Seul, il n’est pas possible de se sortir de ce genre de difficultés.
Pour chaque entrepreneur il est plus facile de se battre lorsqu’il est entouré de professionnels, reconnus, eux-mêmes inscrits dans des réseaux de territoire qui apportent de l’expertise, de la réactivité et de la solidarité.

le 30 novembre 2005 par Michelle JEQUEL