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s’associer. Comment et jusqu’où accorder sa confiance ?

Intervenant : Jean-Luc Le Gall - 20 octobre 2011 - Pépinière d’entreprises du Faou (29)

Avant de créer à plusieurs ou de choisir un-e associé-e il est utile de se poser quelques questions et de prendre le temps de la réflexion... A travers des témoignages, Jean-Luc Le Gall, médiateur et coach en développement d’entreprise, nous explique comment procéder pour se lancer et réussir son association.

s’associer pour développer sa clientèle, compléter ses compétences. S’associer pour agrandir son champ d’expertise, pour miser sur sa complémentarité, agrandir son réseau... Les raisons de s’associer sont multiples et mieux vaut être bien préparé pour se lancer dans ce parcours.

s’associer, c’est prendre le temps de la réflexion

L’association doit être basée sur le respect et l’estime professionnelle.
Avant de s’associer, il s’agit de réfléchir à la notion d’association, comme s’il s’agissait de la naissance d’un bébé :

  • Que signifie pour moi une association ?
  • Comment je l’imagine concrètement au quotidien ?
  • Quelles sont les règles du jeu ?
  • Comment travailler ensemble ?
  • Quels sont les objectifs que l’on se fixe dans le temps ?
  • Quelle est ma vision du métier ? Ma vision de notre entreprise ?
  • Sur quelle rémunération ?
  • Quels sont les éléments que je considère comme non négociables ?

s’associer, c’est choisir la personne avec laquelle on va travailler

Bien s’entendre avec une personne, créer à deux pour gagner en confiance ne sont pas des raisons suffisantes pour s’associer. Il faut avant tout se connaître soi.


Aussi, ai-je un tempérament de :

  • Leader : intuitif, il aime se projeter. Il a constamment de nouvelles idées.
  • Animateur : intentionné, à l’écoute. Il aime que les décisions soient prises en commun
  • Gestionnaire : procédurier, il aime la sécurité. Il étudie tous les aspects d’un projet avant de se lancer.
  • Financier : tourné vers l’action. Il a besoin d’objectif clairs.

Ces quatre tendances comportementales permettent de se situer et d’apprécier le caractère de son futur associé.

  • Quelle est ma vision de l’autre ?
  • Quels sont ses défauts, ses qualités ?
  • Sommes-nous compatibles ?
  • Qu’est-ce que je veux ? Qu’est-ce que je ne veux pas ?

s’associer, c’est bien se connaître.... et bien connaître l’autre

Chacun doit s’interroger sur sa vision de l’association.
Ainsi, Jean-Luc Le Gall invite dans un premier temps les interlocuteurs, chacun de leur côté, à rédiger un écrit sur sa vision de l’association. Cela exige parfois un véritable travail sur soi-même.
Tous les sujets sont balayés : de leurs façons de travailler ensemble aux objectifs chiffrés à atteindre, en passant par la rémunération.
Les interlocuteurs sont ensuite amenés à partager leurs réflexions. Le tout sans tabous et en toute transparence.
Devenir associés, c’est apprendre à travailler ensemble, à cerner les modes de fonctionnement de l’autre, en évitant tout rapport de force ou de rivalité.

û€°crire ensemble un pacte d’associés

Il est indispensable de mener cette réflexion - individuelle puis collective - pendant plusieurs mois.
Cette réflexion très constructive permet de poser des cadres et de définir avec son futur associé les fondements et les règles de l’association. c’est ce qu’on appelle le pacte d’associés.
Coproduit à quatre mains, celui-ci affirme les valeurs de la future entreprise.
«  Il faut se considérer comme un couple professionnel, insiste Jean-Luc Le Gall. Rédiger un pacte d’associés, comme un contrat de mariage, c’est essentiel pour le bon fonctionnement de l’association  ».

Dans ce pacte d’associés sont traités :

  • Les aspects techniques : achat de matériel, aménagement de locaux... Souvent faciles à gérer entre associés.
  • Les aspects humains : répartition des taches, organisation interne, répartition du pouvoir. Sont également envisagés les conflits, les mauvais résultats, la séparation, le décès...
    Sources de tensions, de non-dits voire de conflits.

«  Créer une entreprise à plusieurs est suffisamment important pour que chacun fasse des efforts, souligne Nathalie qui témoigne. Il faut prendre conscience de son comportement personnel et accepter que l’autre s’exprime  ».
Pour que ça marche, il faut COMMUNIQUER, martèle Jean-Luc Le Gall.
Parler franc jeu dès le départ, éviter les ambiguû¯tés et les situations de mal-être qui s’enveniment. Voilà la solution !

Ainsi, au quotidien, Marie-Anne et Nathalie utilisent Skype et trouvent n’importe quels prétextes pour échanger.
Elles savourent leur association. «  c’est un enrichissement personnel au quotidien. Travailler sur les mêmes dossiers nous permet de nous corriger mutuellement et d’offrir un travail de grande qualité à nos clients ».

La transmission d’entreprise

La transmission d’entreprise impose les mêmes règles et le même travail sur soi.
Pour éviter le piratage ou le pillage, les interlocuteurs doivent partager les mêmes valeurs de l’entreprise.
Deux à trois mois sont souvent nécessaires pour bien définir les règles du jeu de la transmission.
Jean-Luc Le Gall souligne que le repreneur va vraiment s’investir quand il aura posé son chèque sur la table. Il conseille donc de passer devant le notaire avant de transmettre son savoir.

s’associer avec des amis, son conjoint ?

S’associer avec des amis exige de s’interroger sur la notion d’amitié.
L’amitié passe t-elle avant ou après l’entreprise ?
Suis-je capable de relativiser notre amitié pour que notre entreprise marche ?

Aussi, l’approche doit être encore plus travaillée dans le cas d’une association avec son conjoint.
En effet, l’entreprise est un tout : à la fois un projet professionnel, personnel et familial.
Il faut donc structurer le tout - le partage des projets, le partage du pouvoir et travailler de concert sur tous les projets de l’entreprise.

Quelques conseils avant de se lancer dans un projet d’association

  • Prendre le temps de réfléchir à sa vision de l’association,
  • Bien se connaître soi-même, connaître ses valeurs,
  • Dialoguer sur la notion d’association avec son futur associé dès le début pour éviter d’éventuels conflits futurs,
  • Connaître l’autre, ses défauts et ses qualités,
  • Une fois l’association en place, se réapproprier ensemble le pacte professionnel une fois par an. Le réactualiser en fonction de l’évolution de l’entreprise,
  • Enfin, communiquer, communiquer, communiquer !


Contacter Jean Luc Le Gall :
VAKOM - Jean-Luc LE GALL
6 rue Jacques Cartier
29 500 ERGUE GABERIC
Tél : 02 98 10 93 11
e mail : quimper@vakom.fr

  • Le réseau Entreprendre au Féminin réuni au Faou avec au premier plan Marie-Anne Ferrand Le Bris et Nathalie Hubert (Cabinet Rhizome), deux associées épanouies

  • Claudie Riou aurait pu être associée, mais crée seule un café librairie àLanderneau

  • Annick Godard (Graphitexstyle) atelier de broderie àQuimper, avait trouvé la bonne personne pour reprendre son entreprise... jusqu’àce que la confiance se brise !

le 15 novembre 2011 par Marie Kerouanton