Ressources égalité professionnelle >

Enquête FIR/BVA sur les créateurs et repreneurs d’entreprises accompagnés par des plates-formes d’initiative locale

A la veille du Salon des Entrepreneurs*, France Initiative Réseau, premier réseau associatif pour le financement de la création et reprise d’entreprises (avec 235 plates-formes locales réparties sur tout le territoire et dans les DOM), présidé par Bernard Brunhes, publie les résultats d’une enquête sur le profil de ses créateurs.

Parmi les différents opérateurs du marché de la création d’entreprises, les plates-formes d’initiative locale (PFIL), auxquelles contribuent de nombreux bénévoles, ont la particularité d’offrir une gamme de services complète et entièrement gratuits (de l’accompagnement au suivi post-création en passant par le prêt d’honneur à taux zéro et le parrainage). 9 200 entreprises ont ainsi été financées en 2004, créant 20 000 emplois directs.

Pour ces entreprises accompagnées par le réseau FIR, le taux de pérennité au cours de la 3e année d’exercice est de 86 % contre 64 % au niveau national selon l’INSEE.

l’enquête FIR a été réalisée par l’Institut BVA auprès de 1 505 créateurs / repreneurs d’entreprise bénéficiaires d’un prêt d’honneur au 2e semestre 2004. Les chefs d’entreprises ont été interrogés au cours de leur 1e année d’exercice. l’échantillon a été redressé à partir du bilan annuel de FIR selon des critères d’activité, de sexe du créateur et de répartition entre créations et reprises.

l’enquête s’est plus particulièrement penchée sur trois thématiques qui constituent autant de leviers de la création d’entreprises pour les prochaines années : la création d’entreprises innovantes, l’entrepreneuriat féminin et la reprise d’entreprises.

Cette étude permet également de mettre en avant les spécificités des entreprises accompagnées par le réseau des PFIL par rapport aux tendances nationales de la création.

Des créateurs majoritairement au chômage et pour lesquels la volonté de développer leur entreprise est plus forte

l’enquête FIR-BVA révèle que le public des PFIL a 3 grandes particularités par rapport aux chiffres nationaux de la création :

  • une plus forte proportion de créateurs au chômage : 3 créateurs sur 5 étaient sans emploi (contre un sur trois au niveau national). A ce titre, le réseau intervient comme une passerelle pour le retour à l’activité,
  • une plus forte proportion de créateurs employeurs : 45 % des créateurs emploient au moins un salarié, soit plus du double des observations faites au niveau national,
  • une propension plus élevée à vouloir développer leur entreprise par des embauches : 45 % des créateurs interrogés envisagent d’embaucher dans les 12 mois (contre 25 % au niveau national).

l’étude met en évidence d’autres caractéristiques de ces créateurs, qui témoignent d’une structuration poussée des projets :

  • un recours quasi-systématique à un prêt bancaire en plus du prêt d’honneur accordé par la PFIL et, pour un tiers des créateurs, à un prêt à la création d ‚¬Ëœentreprise -PCE- (par comparaison : au niveau national, 22 % seulement des créations recourent à un prêt bancaire au moment de leur installation),
  • des capitaux initiaux plus importants (2/3 mobilisent des moyens financiers supérieurs à 16 000 € contre 57 % des entrepreneurs bénéficiaires d’un prêt bancaire au niveau national),
  • un portefeuille de clientèle plus diversifié (18 % dépendent de moins de 10 clients contre 35 % au niveau national),

Une féminisation des créations et reprises financées par le réseau

l’enquête précise que 30 % des porteurs de projet sont des femmes (contre 22 % en 1999).
Elle dévoile quelques spécificités de la création au féminin :

  • Confrontée dans le cadre du salariat à une difficulté d’accès aux postes à responsabilité, ces créatrices sont motivées par le désir d’indépendance (72 % des réponses) ou de créer leur propre emploi (24 %),
  • elles sont plus nombreuses que les hommes à être au chômage depuis plus d’un an (23 % contre 18 %),
  • elles privilégient davantage que les hommes la reprise d’entreprises (elles représentent 37 % de l’ensemble hommes/femmes) sur la création (27 % du total). Ce résultat s’explique en partie par leur forte présence dans le secteur du commerce, surreprésenté en reprise,
  • elles embauchent moins : les femmes ne sont que 28 % à envisager d’embaucher au cours des 12 prochains mois (contre 52 % pour les hommes). l’entrepreneuriat au féminin correspond davantage à un projet de vie qu’à un projet de développement d’entreprise.

Ces chiffres mettent en évidence un décalage persistant entre les hommes et les femmes en matière de création / reprises d’entreprises, alors que le taux d’activité des femmes se rapproche progressivement de celui des hommes. Il y donc là une source potentielle d’emplois et de croissance à valoriser.

Pour encourager les vocations féminines, le soutien de FIR se concrétise par un engagement au côté du ministère délégué à la Cohésion Sociale et à la Parité, notamment dans l’instruction de dossiers de garantie FGIF (Fonds de Garantie à l’Initiative des Femmes).

Les reprises en hausse

Selon l’INSEE, 500 000 entreprises seront amenées à changer de mains dans les 10 années à venir.
Depuis 1999, les PFIL sont intervenues dans le financement de 9 000 reprises d’entreprise.
l’enquête FIR-BVA révèle que :

  • La reprise mobilise davantage de fonds que la création : 60 % des projets reposent sur des financements supérieurs à 40 000 € contre 30 % en création,
  • les effectifs sont plus élevés : 75 % des entreprises reprises ont au moins deux salariés et 20 % ont au moins cinq salariés (alors qu’elles ne sont que 6 % en création),
  • quatre reprises sur cinq concernent des fonds de commerce,
  • 80 % des repreneurs financés par une PFIL ont racheté leur entreprise à un tiers (contre 16 % à leur ancien employeur et 4 % à leur entourage familial).

Pour optimiser son action dans ce domaine, FIR travaille en partenariat avec les banques. Etant donné l’importance des moyens financiers nécessaires en reprise, les banques prescriptrices des services des PFIL sont plus nombreuses en reprise qu’en création (12 % contre 8 %). l’action des PFIL dans ce domaine s’inscrit également de plus en plus dans les politiques mises en place par les régions.

La création d’entreprises innovantes

l’enquête FIR-BVA retient une définition large de l’innovation (entreprises qui ont besoin d’un support technologique innovant ou pour lesquelles la technologie est à la base des services et produits proposés).

l’enquête met en évidence quelques spécificités de ce créneau :

  • les créateurs innovants sont souvent des hommes (80 %), diplômés (49 % ont un diplôme supérieur au bac),
  • ils sont plus nombreux à diriger leur entreprise avec un ou plusieurs associés,
  • ils sont plus nombreux à avoir une clientèle nationale ou internationale (24 % contre 14 %)
  • ils envisagent un rythme de croisière à 8,5 salariés (contre 5,3 pour l’ensemble des créateurs).

La France a adopté récemment des mesures pour encourager ce type de création, tant au niveau national qu’au plan régional. En complément, FIR travaille au développement d’une approche locale de soutien à l’innovation. Son action passe par les PFIL « généralistes » qui peuvent mobiliser les compétences adaptées (Oséo-Anvar, technopoles) et par 4 PFIL régionales « spécialisées » en Aquitaine, Auvergne,
Languedoc-Roussillon et Ile-de-France. France Initiative Réseau suscite actuellement la création de nouvelles PFIL régionales spécialisées dans l’innovation.

Bernard BRUNHES, Président de FIR, se félicite de la croissance du nombre de créations d’entreprises et du regain d’intérêt qu’elle suscite depuis 3 ou 4 ans, notamment de la part des élus régionaux et locaux. A ses yeux, « l’étude démontre réellement l’efficacité de l’investissement d’accompagnement réalisé par le réseau des PFIL » Il rappelle enfin que la « création d’entreprises n’est pas un sous produit des diverses politiques sociales et économiques » et qu’elle « contribue à relever les défis auxquels nous sommes confrontés et à donner les « plus » de prospérité et de lien social qui nous font défaut ».

le 23 janvier 2006 par valérie