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Chantal agricultrice à Pleyber Christ

Chantal est agricultrice à Pleyber-Christ, dans le Nord Finistère. Associée avec son mari et son frère, Chantal gère une exploitation laitière. A 44 ans, elle est beaucoup investie dans les structures agricoles par souci de soutenir la profession. Après quelques années d’investissement collectif, Chantal souhaite se recentrer sur son métier et sa famille mais défendra toujours le rôle de la femme sur l’exploitation.

Chantal, vous êtes agricultrice, quel rôle avez-vous sur l’exploitation ?

Comme beaucoup de femmes en production laitière, je gère la traite le matin et le soir, l’alimentation des veaux et les tâches administratives. Avant de prendre mes responsabilités extérieures, je m’investissais beaucoup plus sur l’exploitation notamment pour offrir aux associés et aux visiteurs un cadre propre et accueillant. Aujourd’hui, je n’ai plus le temps ! J’ai pris conscience de l’importance du rôle que J’avais sur l’exploitation. Etre agricultrice c’est un beau métier, la femme rend le quotidien plus agréable, c’est le soleil de la ferme ! Dans la conjoncture difficile que nous traversons, la femme est souvent le moteur et le soutien moral du couple.

Qu’est ce qui a changé depuis vos prises de responsabilité ?

Entre la chambre d’agriculture, le Pays de Morlaix, la présidence du GVAF, la vice-présidence du Comité de développement... je n’arrive plus à tout gérer dans la semaine alors J’ai commencé à travailler le week-end, à ne plus pratiquer de loisirs, à voir moins mes amis et ne plus prendre de week-end avec mon mari et mes enfants. J’ai laissé de côté ma vie familiale, mon métier et je me suis complètement oubliée. Je suis, par moment, déconnectée de mon métier et cette situation ne me convient pas.
J’ai besoin de me recentrée. Je vais mettre un frein à quelques responsabilités. Je vais faire une pause et définir des objectifs et des priorités claires pour mieux concilier mes temps de vie et apprendre à dire non.

A votre avis, suite à cette pause, pour quelles causes souhaiteriez encore vous investir ?

Aujourd’hui, je souhaiterais conserver ma responsabilité au niveau du comité de formation des agriculteurs. La formation est indispensable à l’ouverture du monde agricole. Et puis je me sens bien dans le groupe. Je suis aussi une militante et je défendrai toujours la place de la femme sur l’exploitation qui doit être égale à celle de l’homme notamment en matière des prises de décisions stratégiques. Je suis prêtre à aller témoigner dans les lycées agricoles pour favoriser l’affirmation des femmes dans le métier.

Article réalisé en 2004

le 27 août 2008 par Christelle LE PENNEC